L’anémie ferriprive (carence en fer) démystifiée…

Geneviève Nadeau février 2014

Par Geneviève Nadeau Dt.P., B.Sc., nutritionniste

Les plus récentes recommandations en matière d’introduction des aliments solides mettent l’emphase sur les aliments riches en fer. On propose maintenant aux parents de débuter l’alimentation solide avec la viande, le poisson, la volaille, les céréales enrichies de fer et les légumes plus riches en fer (ex. : brocoli). Si on accorde autant d’importance au fer dans l’alimentation du bébé et des jeunes enfants, c’est parce qu’il n’est pas rare de constater des carences en ce type d’élément nutritif. On appelle la carence en fer  « anémie ferriprive ». Mais comment reconnaître un enfant « anémique » ? Quelles sont les conséquences de cette carence ? Voici tous les outils dont vous avez besoin pour vous armer contre l’anémie.

Le fer, ça sert à quoi ?

Le fer est un minéral, aussi appelé « oligoélément », qui sert à fabriquer votre hémoglobine. Cette molécule est le principal constituant des globules rouges de votre sang. Elle sert à transporter l’oxygène dans toutes les cellules de l’organisme. Un manque de fer est associé à des petits globules rouges. Ceux-ci ne peuvent plus transporter assez d’oxygène aux organes et aux muscles de votre corps pour les faire fonctionner.

Reconnaître l’anémie ferriprive

Les principaux symptômes d’un manque de fer sont les suivants :

– Pâleur

– Fatigue

– Irritabilité

– Manque d’appétit

– Prise de poids lente

Si votre enfant présente l’un de ces symptômes, n’hésitez pas à consulter votre pédiatre. Celui-ci effectuera un bilan en fer (connu également sous le nom de « bilan martial ») qui lui permettra de vérifier les divers marqueurs sanguins d’anémie ferriprive. Parmi ces marqueurs, on compte notamment l’hémoglobine, mais aussi la ferritine. La ferritine est une protéine qui permet à votre corps de faire des réserves de fer. Des faibles taux d’hémoglobine et de ferritine sanguines peuvent indiquer une anémie ferriprive. À un stade plus avancé, on peut dénoter des signes beaucoup plus importants comme de l’enflure (œdème), une insuffisance cardiaque et une respiration anormalement rapide chez le bébé.

Les besoins en fer chez les enfants

Âge

Besoins en fer

7-12 mois

11 mg

1-3 ans

7 mg

4-8 ans

10 mg

9-13 ans

8 mg

14-18 ans

11 mg (garçons), 15 mg (filles)

*Entre 0 et 6 mois, le bébé comble tous ses besoins via le lait maternel. Ce n’est que vers l’âge de 6 mois que ses réserves en fer diminuent, et qu’il a besoin de fer via les aliments solides.

Prévenir la carence en fer

Plusieurs facteurs peuvent être en cause lorsqu’on parle d’anémie ferriprive chez le bébé. Certains d’entre eux sont d’origine alimentaire :

– Lait de vache introduit trop tôt

– Consommation de lait de vache excessive

– Aliments solides introduits trop tardivement (après 7 mois)

Au-delà de l’alimentation du bébé, on dénote également des facteurs de risques environnementaux et individuels, tels que :

– Origine ethnique

– Prématurité ou faible poids à la naissance

– Milieu défavorisé

Bien que vous ne puissiez pas changer l’origine ethnique ou le poids de votre bébé à la naissance, vous pouvez agir quant à l’alimentation de votre tout-petit, et ainsi prévenir l’anémie ferriprive. Voici des recommandations à ce sujet :

1. Introduisez le lait de vache entier entre 9 et 12 mois et pas avant. Ce dernier est trop pauvre en fer et risque de prendre la place d’autres aliments riches en ce type d’élément.

2. Proposez dès 6 mois des aliments riches en fer à bébé, tels que : purée de veau, de bœuf ou d’agneau, purée de volaille, purée de légumes verts, etc.

3. Privilégiez les céréales pour bébé enrichies de fer ou naturellement riches en fer telle que l’amarante.

Catégories : Alimentation

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