Le surpoids chez nos enfants

Geneviève Nadeau février 2014

Par Geneviève Nadeau Dt.P., B.Sc., nutritionniste

 Saviez-vous qu’au Canada près d’un enfant sur quatre présentait un excès de poids en 2004 ? Et que le taux d’obésité chez les jeunes de notre pays a triplé au cours des 30 dernières années ? Le phénomène de surpoids chez les enfants demeure très inquiétant. Mais il s’agit d’un problème multifactoriel : l’alimentation, la sédentarité, la génétique, le niveau de scolarité, et le manque de ressources financières font partie de l’équation qui mène à des problèmes de poids. Afin de réduire le risque de maladies futures, comme le diabète de type 2, l’hypertension et le cancer, il s’avère primordial d’agir en tant que société pour favoriser un mode de vie sain chez nos enfants.

Quoi faire si je pense que mon enfant a un surpoids

Lorsqu’un enfant présente un surplus de poids, il n’est pas toujours essentiel d’intervenir. Par exemple, il ne faut pas s’inquiéter systématiquement pour un enfant qui possède une alimentation équilibrée et qui bouge chaque jour, tout en ayant encore son petit « gras de bébé ». Avant de poser un geste auprès de son enfant, mieux vaut consulter un professionnel de la santé. Ce dernier évaluera l’évolution de sa croissance et pourra déterminer si une intervention s’impose. L’important, en tant que parent, c’est d’offrir des aliments sains à son bambin et de l’inciter à faire de l’activité physique pour le plaisir.

Le poids et les régimes : des statistiques alarmantes 

Au Québec:

  • 70 % des adolescentes essaient de maigrir;
  • 35 % des fillettes de 9 ans ont déjà tenté de maigrir;
  • Environ le tiers des garçons de 13 à 16 ans souhaiteraient avoir l’air plus musclés;
  • 35 % des garçons de 16 ans s’entraînent souvent de façon intensive pour gagner du muscle;
  • Plus de 40 % des garçons de 13 à 16 ans ont déjà fait l’usage de suppléments dans le but d’augmenter leur masse musculaire.

Tiré de : www.equilibre.ca Référence : LEDOUX M., MONGEAU L. et RIVARD M. (2002). « Poids et image corporelle » dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, 1999, Québec, Institut de la statistique du Québec, chapitre 14, p. 311 à 344.

 

Quand le poids mène à d’autres problèmes…

Mettre l’emphase sur la quantité de calories ou vérifier constamment ce que notre enfant mange peut le mettre à risque de troubles de comportements alimentaires (anorexie, boulimie). Mieux vaut plutôt simplement lui proposer de mesurer lui-même ses portions pour l’aider à écouter sa faim. Autrement dit, le parent décide ce que l’enfant mange (quoi), l’endroit où il le mange (), la façon dont il le mange (comment) ainsi que le moment opportun pour s’alimenter (quand). L’enfant, lui, sait combien il doit manger. Il est le meilleur pour nous dicter ses niveaux de faim et de satiété.

 

De plus, il ne faut pas oublier le rôle de modèle important que joue le parent auprès de son enfant. Une mère qui critique son corps ou un père qui consomme des suppléments pour devenir plus musclé peut renforcer l’idée que l’image est un facteur essentiel au bonheur et à la santé. Or, afin d’éviter une baisse du niveau d’estime de soi, il importe de valoriser l’apparence corporelle de notre enfant et d’adopter une attitude positive à l’égard des aliments. Des phrases comme : « Pas de chocolat, ce n’est pas bon pour toi » ou « Arrête de manger du dessert, tu vas grossir ! » sont à éviter. Un enfant bien dans son corps et bien dans sa peau, ça compte aussi pour vivre en santé !

 

 

 

 

Catégories : Alimentation

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