L’introduction des aliments solides : faisons le point

Geneviève Nadeau avril 2013
L’introduction des aliments solides : faisons le point

Plusieurs groupes d’experts ont récemment modifié les recommandations à l’égard de l’ordre d’introduction des aliments solides. Fort heureusement, celles-ci s’avèrent beaucoup plus simples. En effet, vous n’avez plus à vous soucier de l’ordre d’introduction des aliments allergènes. Les scientifiques n’ont aucune preuve qu’il soit préférable de les retarder pour protéger votre enfant d’allergies alimentaires.  Regard sur les nouvelles références en matière d’introduction des aliments solides.
Allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois
C’est le mot d’ordre : l’allaitement maternel exclusif demeure ce qu’il y a de plus approprié pour votre enfant jusqu’à l’âge de 6 mois. Il ne semble pas y avoir de risques pour la santé à introduire les aliments solides entre 4 et 6 mois, mais les professionnels de la santé suggèrent souvent d’attendre 6 mois.  En effet, avant cet âge, le système de bébé n’est pas toujours prêt aux aliments solides (par exemple : immaturité du système digestif).   On propose également débuter les aliments complémentaires dès 6 mois, en raison des réserves de fer qui s’épuisent dans le petit corps de bébé.
Mon avis : Allaitez le plus longtemps possible et ce, exclusivement jusqu’à l’âge de 6 mois, puis débutez les aliments complémentaires dès  6 mois.
Les aliments riches en fer, en premier
Pour combler les besoins en fer de bébé, il est recommandé de débuter par les aliments riches en ce type de minéral. Les œufs entiers, le poisson, le tofu ou les légumineuses en purée en font partie. Les purées de bœuf, agneau, veau, porc, dinde ou poulet de la Mère Poule renferment aussi des quantités intéressantes de fer. Les céréales pour bébé enrichies de fer sont également de mise. Vous n’avez pas à craindre les aliments allergènes, comme les œufs ou les mollusques, puisque selon les plus récentes données, rien ne porte à croire que de retarder les aliments allergènes permettent de réduire le risque d’allergies alimentaires.
Mon avis : Les enfants gagnent à découvrir une panoplie de saveurs. Même si vous n’aimez pas le poisson, le tofu ou les lentilles, n’ayez crainte de leur en offrir en purée, dès les premiers temps.
Les légumes et les fruits, sans ordre précis
Mieux vaut offrir un seul légume ou fruit à la fois, puis attendre entre 3 et 5 jours avant de réintroduire un nouvel aliment. De cette façon, on favorise le développement du goût pour la vraie saveur de chaque légume ou fruit. Évitez la purée de betteraves, de navets ou d’épinards avant 9 mois, en raison des nitrates que ces légumes contiennent. Quant aux carottes, jetez l’eau de cuisson si vous décidez de faire votre propre purée.
Quant aux fruits, ils sont tous les bienvenus ! Purée de pêche, purée de poires, purée de fraises… La Mère Poule vous propose aussi des purées de fruits plus exotiques, parfois plus difficiles à faire à la maison, à base de mangue ou d’ananas. Proposez toujours un fruit à la fois pour favoriser le développement du goût. Enfin, privilégiez les purées de fruits plutôt que les jus de fruits.
Mon avis : n’ayez pas peur d’offrir une variété de légumes ou de fruits à votre enfant. N’ajoutez pas de sucre ni de sel lorsque vous servez les purées. Ce n’est pas parce qu’elles goûtent fades dans votre bouche que les papilles de votre bébé ne les apprécieront pas !
Les produits laitiers : entre 9 et 12 mois
Parce qu’ils sont riches en protéines et pauvres en fer, on recommande de ne pas introduire les produits laitiers avant 9 mois. Cependant, rien ne vous empêche d’ajouter un peu de fromage sur des pâtes ou encore du yogourt dans un muffin que vous servirez à bébé qui est prêt à découvrir de nouvelles textures, vers 8 mois. Mais avant de lui proposer un morceau de fromage ou un yogourt à la collation, attendez que votre tout-petit ait une alimentation variée et qu’il atteigne l’âge de 9 mois. C’est la même chose pour le lait de vache. Vous pouvez également retarder son introduction jusqu’à 12 mois, sachant que le lait maternel (ou une préparation pour nourrisson si c’est votre cas) et une variété d’autres aliments comblent les besoins de bébé. Lorsqu’ils seront introduits, optez pour les produits laitiers à teneur régulière en matières grasses : lait 3,25 % M.G., yogourt à 2 % et plus M.G., fromage non-allégé, etc.
Mon avis : La variété prime ! Les enfants apprécient généralement le yogourt et le fromage en raison de leur saveur sucrée ou salée et de leur texture crémeuse. Rien ne presse : continuez à leur offrir des légumes, des fruits, des céréales et des sources de protéines variées avant de passer aux produits laitiers, dès 9 mois.
Les allergies, c’est du sérieux
Souffrir d’une allergie alimentaire, ce n’est pas banal. Cependant, lorsqu’on jette un regard à l’ensemble des études faites à ce sujet, rien ne prouve qu’il soit préférable de retarder les aliments allergènes (noix, œufs entiers, poissons, etc.) pour éviter l’apparition d’une allergie alimentaire plus tard. Or, ces aliments peuvent être introduits au même moment que les autres dans l’alimentation de vos enfants. De la purée de filet de sole à 6 mois ou des amandes moulues dans un muffin maison en petits morceaux à 9 mois, c’est possible ! Cela dit, c’est important de reconnaître les signes d’allergies alimentaires. En attendant de 3 à 5 jours avant de réintroduire un nouvel aliment, ce sera plus facile de déceler quel aliment est en cause. Il demeure également très important de discuter de votre situation actuelle avec votre pédiatre. Parfois, les enfants présentent des risques d’allergies ou possèdent des besoins particuliers qu’il ne faut pas minimiser.

Catégories : Alimentation

< Retourner aux conseils